Interview de notre Première Vice-Présidente, Marie-Kristine Vanbockestal

17/02/2020

Les chefs de PME sont nos clients

Avec la baisse du chômage et la multiplication des métiers en pénurie, le Forem fait face à de nouveaux défis. Sa patronne invite les chefs de PME à dialoguer, pour bien exprimer leurs besoins.

Thierry Evens

Bien rédiger son offre d'emploi, c'est essentiel
  • - Beaucoup de chefs de PME comptent sur le Forem pour embaucher ? Que leur proposez-vous ?

    - Je dirais d'abord et de plus en plus l'intelligence de nos conseillers. Nos clients chefs d'entreprise ont une personne de contact, un référent unique qui connaît leur secteur. Ils pourront nouer une relation de confiance dans la durée et plus large que la seule satisfaction d'une offre d'emploi. Je conseille aux TPE qui n'ont pas d'arsenal RH : entrez très tôt, bien en amont du processus d'embauche, en contact avec votre conseiller. Il pourra percevoir vos besoins, formuler une offre qui y répond et proposer les aides utiles. Cela réduit le risque de ne pas trouver la bonne personne et de perdre du temps.

  • - Recourir au Forem, c'est davantage que consulter des petites annonces ?

    - C'est une possibilité. Nous avons une zone d'autonomie pour les demandeurs d'emploi et les chefs d'entreprise. Si vous savez précisément ce que vous voulez, allez-y ! Mais je recommande toujours le contact humain, ne fût-ce que pour s'assurer que l'offre est bien exprimée.

  • - Vos conseillers connaissent la réalité des entreprises ?

    - Dès qu'ils débutent, ils entrent dans un processus continu de formation et de perfectionnement. Nous savons que nous sommes perçus comme une grosse administration. Nous voulons avoir du crédit auprès de nos clients et avoir une approche commerciale. Nous attendons de nos conseillers qu'ils soient performants et proactifs, qu'ils aillent porter les produits et services du Forem auprès des entreprises pour générer une relation fructueuse.

  • - Vous avez combien de conseillers ?

    - Ils sont 265. Ils étaient 213 il y a trois ans. Nous avons multiplié les procédures de recrutement pour augmenter leur nombre. C'est un métier difficile. Il faut constamment mettre à jour ses connaissances, connaître le tissu socio-économique, la gamme des aides à l'emploi et à la formation. Il faut pouvoir gérer avec empathie et patience les chefs d'entreprise qui viennent avec une multiplicité de questions et de problèmes. C'est pour ça que nous les spécialisons dans un secteur et que nous essayons de leur faciliter la vie au maximum. Nous avons développé des outils en ligne, un CRM (logiciel de gestion des clients, NDLR). Leurs expériences sont partagées. Nous avons un accès la Banque-carrefour des entreprises pour ne pas perdre de temps avec les données administratives.

  • - Comment augmenter ses chances de trouver le bon collaborateur ?

    - Si le chef d'entreprise cherche un profil très précis et que le demandeur d'emploi donne de lui un profil très précis, dans beaucoup de cas, les deux ne "matcheront" pas. C'est pourquoi nous conseillons d'aller au-delà d'un simple énoncé de la formation et de l'expérience attendues. Avec une description de fonction, on peut trouver son bonheur auprès d'un demandeur d'emploi qui ne se serait pas spontanément positionné pour un métier donné.

  • - Cela demande aussi de la souplesse de la part des demandeurs d'emploi…

    - Bien entendu. Je vais prendre un exemple simple. Comptable est un métier en pénurie, pas aide-comptable. Si, des deux côtés, on va un peu plus loin dans la description des attentes, des aptitudes, du comportement, l'employeur en recherche peut trouver un aide-comptable qui lui convient, qui aime les maths et qui est prêt à se former. Vous prenez une formule PFI (plan formation insertion, NDLR) en entreprise et la solution est trouvée.

  • - Il ne faut donc pas attendre de trouver pile poil la pièce de puzzle cherchée ?

    - Un appariement très mécanique risque fort de déboucher sur un échec. Une embauche est un processus qui concerne deux personnes humaines. Vérifier à l'avance que la relation peut bien se passer augmente les chances de succès.

     

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